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Cette nouvelle de la Fondation Solar Impulse, initialement publiée en anglais, a été traduite par traduction automatique.

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Système d'échange de quotas d'émission (ETS) et vols long-courriers : l'Europe ne doit pas rater son appel d'embarquement

23 juillet 2026 par Bertrand Piccard

Un avion ne décolle pas en supprimant la gravité. Il décolle en la maîtrisant. Il en va de même pour l’ETS, le système européen d’échange de quotas d’émission. On peut le considérer comme un poids supplémentaire imposé au transport aérien. Ou comme la force qui pousse tout un secteur à gagner en efficacité.

En juillet prochain, la Commission européenne devrait dévoiler sa proposition concernant l’avenir de ce mécanisme. L’intégration des vols long-courriers — jusqu’à présent exemptés du SCEQE — dans son champ d’application divise la communauté aéronautique entre les défenseurs du statu quo et les acteurs, souvent les plus récents, qui réclament un signal fort en faveur de la décarbonisation du secteur.

Nous sommes à la croisée des chemins ; deux trajectoires s’offrent à nous. Prenons un peu d’altitude pour les examiner.

Si le transport aérien dans son ensemble est désormais soumis au SEQE, les compagnies aériennes n’auront d’autre choix que de traquer toutes les sources de gaspillage. Chaque kilo de carburant économisé comptera double : il réduira non seulement leur facture énergétique, mais aussi le nombre de quotas de carbone qu’elles devront acheter. La marge d’amélioration est immense, car les solutions existent déjà : optimiser la consommation grâce à des outils comme SkyBreathe, remorquer les avions jusqu’à la piste à l’aide de remorqueurs électriques, brancher les avions sur le réseau électrique des aéroports plutôt que de faire tourner leurs moteurs auxiliaires, éviter les détours absurdes, généraliser les approches en descente continue, accélérer le renouvellement de la flotte avec les avions les plus économes en carburant… Des millions de litres de carburant sont déjà économisés de cette manière ; le système d’échange de quotas d’émission (ETS) leur confère la valeur économique qui leur manquait pour devenir la norme. Le carbone cesse d’être un simple coût : il devient une raison supplémentaire d’investir dans l’intelligence.

À l’inverse, maintenir les vols long-courriers en dehors du SEQE apporterait un soulagement immédiat, mais risquerait surtout de repousser les transformations dont nous ne pouvons nous passer. Les compagnies aériennes resteraient dépendantes d’une variable qu’elles ne contrôlent pas : le prix et la disponibilité du pétrole. Elles continueraient à subir ses fluctuations pour alimenter un modèle d’un autre temps, au lieu de reprendre le contrôle de leurs coûts afin d’investir dans la compétitivité.

L’histoire montre que l’innovation change le monde lorsqu’elle devient plus avantageuse que le statu quo. C’est précisément le rôle de règles du jeu bien conçues. Une part significative des recettes (estimée à près de 9 milliards d’euros par an) devrait donc être réinvestie dans le secteur aérien, afin d’accélérer les innovations mêmes qu’elle vise à encourager — en particulier les carburants durables (pour demain) et l’hydrogène vert (pour après-demain). Une politique publique est efficace lorsqu’elle transforme une contrainte en capacité d’agir.

Alors oui, les billets long-courriers coûteront probablement plus cher pendant cette transition, mais ils resteraient infiniment moins chers qu’ils ne l’étaient il y a deux ou trois décennies. Ce surcoût révèle également une vérité longtemps passée sous silence : le prix d’un vol n’a jamais reflété son coût climatique. Ce signal nous amènera à nous interroger sur la nécessité de certains déplacements et sur la valeur que nous accordons à chaque voyage — et, surtout, il financera l’émergence d’une aviation propre. Comme toute grande transformation industrielle, la transition a un prix. L’illusion serait de croire que l’immobilisme n’en a aucun !

L’avenir de l’aviation ne dépendra pas de notre capacité à voler moins — ce qui est certes souhaitable, mais irréaliste compte tenu des aspirations des pays émergents dans ce domaine. Il dépendra de notre capacité à voler infiniment mieux.

Le défi n’est pas de choisir entre voler et protéger le climat. Il s’agit de faire en sorte que l’un rende enfin l’autre possible.


Publié pour la première fois par Le Temps et La Tribune.

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