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S'engager dans la révolution des technologies propres
08/11 - 2016

S'engager dans la révolution des technologies propres

 

La lutte contre le changement climatique est une fantastique opportunité de développer notre économie et d'améliorer notre qualité de vie, cela va au-delà de la protection l’environnement. C'est l'aventure du XXIe siècle. Nous devons nous y engager avec ouverture d'esprit et enthousiasme ; c'est un moyen logique et profitable de créer un monde plus propre, plus sain et plus riche.

L'objectif principal du premier tour du monde en avion solaire n'était pas de battre des records mondiaux avec Solar Impulse, mais de montrer de manière symbolique les exploits extraordinaires que permettent les technologies propres et les énergies renouvelables. Pays développés et en développement peuvent tirer profit de ces technologiques, qui représentent la plus grande opportunité économique de ce siècle.

Aujourd'hui, notre travail se poursuit sous la forme de la World Alliance for Clean Technologies (l'Alliance Mondiale pour les Technologies Propres), destinée à réunir les principales parties prenantes mondiales du domaine des technologies propres, avec pour objectif de développer des synergies, de mieux faire entendre leurs voix et de mettre en œuvre des solutions concrètes pour aider les gouvernements, les entreprises et les institutions internationales à atteindre leurs objectifs en matière d'environnement et de santé.

Pour amorcer un véritable changement, sensibiliser l'opinion publique ne suffit pas ; nous avons aussi besoin de courage politique. Des technologies efficaces, comme celles utilisées sur Solar Impulse, existent d'ores et déjà et ont le potentiel de diviser par 2 les émissions de CO2. Cependant, pour encourager leur mise en œuvre à une échelle globale, cadres juridiques, politiques et mesures incitatives sont encore nécessaires.

Alors que nos technologies de communication sont à la pointe de la modernité, nous utilisons les mêmes systèmes énergétiques – ampoules à incandescence, moteurs à combustion, systèmes de chauffage, de climatisation et d'isolation des bâtiments, réseaux de distribution d'électricité – depuis 100 ans : trouvez-vous cela logique ?

Aujourd'hui, les technologies propres sont enfin fiables et rentables. De plus, leur mise en œuvre ne devrait nécessiter aucun sacrifice financier, ni comportemental. Même si nous ne nous en rendons pas nécessairement compte, les appareils inefficaces et polluants nous coûtent de plus en plus chers.

C'est dans ce contexte que je participe à des conférences internationales comme les COP 15, 21 et 22. Et l'objectif de cette année est clair : les parties prenantes doivent mettre en œuvre les solutions existantes pour tenir les objectifs fixés à Paris, en particulier en ce qui concerne le financement ciblé et les investissements dans les énergies propres et efficaces.

D'ores et déjà, le secteur des énergies propres ouvre de nouveaux marchés industriels, crée des emplois et génère des profits. L'emploi dans le secteur des énergies renouvelables[1], par exemple, a augmenté de 5 % en 2015, avec au total 8,1 millions d'emplois environ. Par ailleurs, l'investissement mondial annuel dans les nouvelles capacités renouvelables en 2015[2] se montait à 266 milliards de dollars, soit plus du double des 130 milliards environ investis dans les centrales à charbon et à gaz.

S'engager dans cette nouvelle révolution industrielle est avant tout “logique” et non “éco-logique”. Même si le monde ne connaissait aujourd'hui aucun changement climatique, les énergies renouvelables et les technologies ont toute leur place. Celles-ci permettent en effet de réduire les émissions de CO2 et de protéger les ressources naturelles, mais également de créer des emplois, de générer des profits et de stimuler un développement durable.

Bertrand Piccard

Initiateur, Président et pilote de Solar Impulse

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Blog publié en partenariat avec Caran d'Ache

 

[1] Énergies renouvelables et emploi – Évaluation annuelle 2016 : Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA, International Renewable Energy Agency)

[2] 10e édition de la publication annuelle du Programme des Nations Unies pour l’environnement (UNEP, United Nations Environment Programme) : Frankfurt School-UNEP Collaborating Centre for Climate & Sustainable Energy Finance (Centre de collaboration École de Francfort-UNEP pour le climat et le financement de l'énergie durable) et Bloomberg New Energy Finance (BNEF)

 

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