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22/07 - 2015

Océan Pacifique, le 19 juillet, 2015

Cette année, le Pacifique m’a vraiment rejeté. Je ne parle pas seulement du report à l’année prochaine du vol que je me réjouissais tant de faire entre Hawaii et l’Amérique. Cette déception-là, vous pouvez facilement l’imaginer. Non, je parle ici de mon voyage de retour vers la Suisse… en avion de ligne.

Dieu sait pourquoi, tous les passagers ont décidé de fermer leurs hublots et il règne une totale obscurité. Je ne peux qu’imaginer au-dehors la vue sublime du soleil qui caresse l’océan. Pour la première fois depuis des années, je n’ai pas réussi à obtenir un siège à la fenêtre. Je me permet de demander à mon voisin pourquoi il garde son volet fermé, en laissant sous-entendre que c’est aussi un tout petit peu le mien. Il se contente de répondre que tout le monde fait la même chose. C’est la réponse que je déteste le plus. Est-ce une raison ? En tout cas pas pour moi qui espérais déjà pouvoir contempler cette partie du Pacifique avant l’année prochaine. J’en avais eu un superbe aperçu depuis mon ballon il y a 16 ans : une immensité devant laquelle on abandonne ses repères pour se trouver soi-même ; mais aussi les petits cumulus alignées comme les perles d’un collier céleste qui définiront l’altitude de Solar Impulse pendant les nuits de vol, et les fameux cirrus effilochés qui menaceront l’ensoleillement de nos cellules photovoltaïques.

Ces hublots désespérément clos me disent fermement que ce n’est pas mon année pour le Pacifique. Au moins, cela a le mérite d’être clair !

Blog publié en partenariat avec Caran d'Ache

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