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L'avenir de l'Europe est propre
28/03 - 2017

L'avenir de l'Europe est propre

Au début du mois de mars, la Commission européenne a publié un livre blanc en vue de lancer des discussions sur l'avenir de l'Europe et la manière dont elle peut évoluer en maintenant son unité. L'Union européenne traverse aujourd'hui une période critique, mais l'Europe remplit sa mission lorsqu'elle offre à ses citoyens les conditions leur permettant de réussir : c'est cela qui lui donne sa légitimité. Œuvrer à la transition vers une économie basée sur les énergies propres va dans ce sens.

Après la Seconde Guerre mondiale, alors que le projet européen n'en était qu'à ses balbutiements, ses pères fondateurs aspiraient à “une révolution si profonde qu'elle rendrait toute autre révolution inutile”. Il s'agissait d'une vision ambitieuse basée sur la coopération et les avantages réciproques, ce qu'on considère aujourd'hui en grande partie comme acquis.

Mais l'Europe en tant qu'institution est devenue bien plus complexe. Entre l'Union européenne et les États membres, il est souvent difficile de comprendre qui fait quoi ; selon le dernier sondage réalisé par la Commission européenne, seulement 36 % de la population fait confiance à l'UE, soit un recul de 21 points par rapport à 2007. Si les Européens indiquent que l'immigration, le terrorisme et le marasme économique sont leurs principales préoccupations, un nombre considérable d'entre eux ne considèrent pas l'Europe comme la solution, et les populistes réactionnaires montent en puissance dans de nombreux États.

Et la situation n'est pas près de s'améliorer. Le livre blanc de la CE met en particulier en avant des inquiétudes concernant la répartition inégale de la reprise économique en Europe et l'avenir des classes d'âges les plus éduquées d'Europe frappées par les inégalités générationnelles, sans compter l'impact des technologies et de l'automatisation sur les emplois et l'industrie.

Au lieu de camper sur ses positions et de gérer les problèmes au niveau local en disant aux gens quoi faire – ce qui ne ferait probablement que renforcer la désaffection –, l'UE doit définir une vision mobilisatrice, créer un environnement dans lequel les citoyens peuvent concrétiser cette vision et réunir des arguments convaincants en faveur du projet européen.

Je pense que la transition énergétique et les technologies propres peuvent aller dans ce sens et permettre de redynamiser les économies d'Europe et de soutenir l'innovation. Avec des investissements dans les infrastructures durables, les capacités de production locales et de nouvelles solutions, la transition énergétique conduira à la création de tout nouveaux emplois et à une répartition plus équitable des opportunités.

Les institutions européennes devraient s'inspirer de l'Accord de Paris sur le climat ratifié par l'UE en septembre dernier. Après des décennies de négociations intermittentes, un accord a enfin été trouvé grâce à une approche différente de la diplomatie du climat, selon laquelle chaque pays détermine sa contribution et cherche la meilleure manière d'atteindre ses objectifs ; une approche à l'opposé des engagements juridiquement contraignants.

L'Europe et ses institutions peuvent encourager ce genre d'initiatives ; des efforts ont déjà été faits. Horizon 2020, l'engagement de l'UE à la Mission Innovation, cherche à investir 80 milliards d'euros dans la recherche et le développement en matière d'énergies propres pour la période 2014-2020. De même, la Banque européenne d'investissement, avec laquelle j'ai récemment eu des échanges dans le cadre de l' Alliance mondiale pour des solutions efficientes, attribue 25 % de son financement à des projets en lien avec le climat au sein de l'UE. Il existe de réelles opportunités à saisir, d'autant plus que 40 % des brevets en matière de technologies liées aux énergies renouvelables de la planète sont détenus par des entreprises européennes.

La semaine dernière, j'étais en Allemagne pour le Dialogue de Berlin sur la transition énergétique, qui favorise les liens entre personnes et entreprises impliquées dans des projets relevant de ce domaine. En Allemagne, peut-être plus qu'ailleurs, le gouvernement et les citoyens sont pleinement engagés dans la transition énergétique, créant un environnement où de nouvelles idées émergent pour répondre aux conditions et aux besoins locaux, et si la transition présente son lot de défis, les Allemands en perçoivent déjà les bénéfices.

L'UE a pour vocation d'apporter quelque chose à ses citoyens et doit réfléchir aux moyens d'y parvenir. L'Europe remplit sa mission lorsqu'elle offre un environnement favorable à ses citoyens ; la libre circulation, une paix durable et le programme d'échange d'étudiants Erasmus sont les réalisations auxquelles les Européens sont le plus attachés. Celles-ci offrent une vision et les conditions qui permettent aux personnes, aux entreprises et aux institutions de profiter pleinement des opportunités qui leur sont offertes. C'est là-dessus que l'Europe peut prospérer. Et donner les moyens de réaliser la transition vers une économie à la fois propre et dynamique offre une vision des plus stimulantes.

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Image: © European Flag // Rock Cohen via Flickr

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