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À 40 ans, l'hydrogène passe à l'acte !
06/02 - 2017

À 40 ans, l'hydrogène passe à l'acte !

Ces 40 dernières années, l'idée de l'hydrogène comme source d'énergie propre pour la planète était un peu comme le sexe chez les adolescents : tout le monde en parlait, mais personne ne passait à la pratique. Aujourd'hui, le procédé arrive à maturité et semble prêt à être mis en place. Pourquoi ? Parce que tous les acteurs du marché actuel de l'énergie et de la mobilité ont quelque chose à y gagner.

En janvier dernier, lors du Forum économique mondial de Davos, j'ai eu la chance de participer activement au lancement du Conseil de l'hydrogène : 13 leaders des secteurs de l'énergie, du transport et de l'industrie réunis pour créer la première initiative mondiale qui positionnerait l'hydrogène – et plus généralement les technologies utilisant des piles à combustible – comme une solution rentable et viable pour faire face aux changements climatiques.

Après une lueur d'espoir à la fin des années 1990, l'hydrogène s'est fait éclipser par l'introduction des batteries au lithium. Aujourd'hui, il semblerait que l'on puisse tirer pleinement parti des avantages de cette technologie, de sa production à son utilisation finale, car elle ne perturbe pas les acteurs en place et peut donc rassembler tout le monde.

Des experts en chimie comme Air Liquide ou The Linde Group ont le potentiel de devenir l'équivalent des “pays producteurs” de carburant propre en utilisant l'énergie issue de compagnies de réseau électrique comme ENGIE durant les périodes de faible demande pour hydrolyser l'eau en hydrogène et oxygène. Des géants du pétrole et du gaz comme Total et Royal Dutch Shell pourraient améliorer leurs réseaux de pipelines et leurs stations-service pour acheminer ce carburant propre directement vers les consommateurs. Dans ce système, des entreprises automobiles et de transport ferroviaire innovantes telles que Hyundai, Honda, Kawasaki, BMW ou Alstom seraient mieux placées pour augmenter leur part de transport par piles à combustible à émission zéro grâce à un marché de l'hydrogène adapté, leur donnant les moyens de le faire de façon rentable !

Ce genre d'initiatives du secteur des entreprises sont enthousiasmantes. Hélas, elles manquent cruellement dans le monde politique, qui fixe des objectifs sans donner de solutions pour les atteindre. Pourtant, dans le scénario proposé, les gouvernements seraient gagnants puisqu'ils pourraient atteindre leurs seuils de réduction des émissions de carbone et taxer l'hydrogène comme ils taxent l'essence, une chose qu'ils ne sont pas en mesure de faire avec les véhicules électriques à batteries.

Source : Hyundai

Passer à des solutions rentables et efficaces à base d'hydrogène permettrait également aux petites entreprises de se démarquer et d'être compétitives sur le marché, ce qui stimulerait l'innovation. Les industries pétrolière et gazière traditionnelles ne seraient pas en concurrence avec les entreprises de cleantech, qui joueraient plutôt le rôle de partenaires. Les emplois ne seraient pas seulement préservés mais multipliés grâce aux nouvelles opportunités créées. Plutôt que d'abandonner les installations anciennes, celles-ci seraient modernisées et adaptées grâce à des investissements.

Le monde ne peut pas continuer à tourner avec des moteurs à combustion ; ceux-ci appartiennent au siècle dernier. Il ne s'agit pas seulement de protéger l'environnement, mais aussi, et surtout, de développer de nouveaux marchés industriels, de réaliser des profits, de créer des emplois et de stimuler l'économie. L'exemple du Conseil de l'hydrogène montre que le moment est venu de s’adapter, de changer notre façon de penser et de faire… pour perdre une fois pour toutes notre “virginité” en matière de cleantech !

Blog publié en partenariat avec Caran d'Ache

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